Autrice-Illustratrice-Utopiste
Zola, l’écrivain engagé mais aussi l’ami, le fils, l’époux attentif,
le papa poule, le tendre et généreux compagnon

Sous la forme d’une biographie romancée, Émile Zola l’engagé raconte la vie et l’œuvre d’un des plus grands témoins de la seconde moitié du XIX è siècle.
« Aix-en-Provence. 1852. Emile Zola, fils d’un ingénieur italien décédé alors qu’É mile était encore enfant, est régulièrement chahuté dans sa nouvelle école jusqu’à ce qu’un gaillard prenne sa défense. Il s’agit de Paul Cézanne. Ainsi naît une grande amitié. Ils ne savent pas encore qu’ils deviendront l’un écrivain et l’autre peintre, parmi les plus importants de leur siècle. Zola grandit, il connaît la misère puis enchaîne les petits boulots, écrit ses premiers articles dans la Presse, ses premières critiques d’art. Sa plume s’enhardit, sa vision triomphe. Il devient témoin de son époque, allant sur le terrain, rencontrant des hommes et des femmes de toutes conditions, de tous milieux, avant d’en faire les personnages foisonnant d’une fresque ambitieuse et phénoménale... et, plus tard, de s’engager pour la justice dans l’affaire Dreyfus.
Si cette biographie, fresque de la vie du « grand homme », est construite autour de rencontres et de dialogues parfois imaginés, elle se base toutefois sur des faits exacts et avérés. L’œuvre du romancier s’y retrouve, tout du long, mise en abime au fil des pages. Chaque chapitre se concentre sur un moment particulier de la vie de Zola afin de rendre le récit agréable pour les lecteurs ados et même adultes !
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Pot-Bouille est, cette année et les deux prochaines, au programme du Bac de Français. Et bien tant mieux, car c’est, dans la grande fresque des Rougon-Macquart, un de mes romans préférés. Pot Bouille est grinçant, cynique, une peinture au vitriol de la bourgeoisie du 19 è siècle qui n’épargne absolument personne.
Je résumerai le livre en ces mots : Le portrait d’une ascension sociale en descendant les étages d’un immeuble bourgeois, d’une couche à l’autre. L’immeuble, dans ce récit, n’est d’ailleurs pas qu’un décor, c’est un personnage à part entière – tout comme l’est le Voreux dans Germinal ou le grand-magasin dans Le Bonheur des dames. On le découvre à travers le regard d’Octave Mouret arrivé à Paris de Marseille, bien décidé à faire sa place à la capitale. C’est « une maison très bien », eau et gaz à tous les étages. L’ escalier -chauffé s’il vous plait- qui en est la colonne vertébrale, monte depuis le vestibule dans un « silence grave ». Les premiers étages avec tapis rouge et portes d’acajou puis le quatrième au tapis de toile grise, où Mouret logera à son arrivée, juste en-dessous des chambres de bonne. C’est depuis cette chambre chichement meublée qu’il comprendra la structure sociale de l’immeuble, reflet de cette société petite-bourgeoise, et la façon de s’y faire sa place.
L’immeuble a donc sa face et son derrière. Côté rue, une opulence tout ornementale, bienséante, « honnête ». Côté cour tout ressort, « la vidure des cuisines », épluchures et ragots. Les domestiques se lâchent mais, en vérité, ils ne sont pas mieux que leurs maîtres. « Par ce mot de bourgeoisie » écrivait Zola dans ses notes, « j’entends surtout cette classe vague et si nombreuse qui va du peuple aux intelligents et aux riches de ce monde. Ce sont les employés, les petits commerçants, les petits rentiers, tous ceux qui s’agitent dans des situations médiocres et qui se battent furieusement pour la maigre satisfaction de leurs appétits. »
Je suggérerai un sujet pour le bac : Sommes-nous les héritiers cette bourgeoisie, et est-ce donc notre appétit insatiable qui nous fait ainsi dévorer le monde ?
Zola ne s’épargne pas non plus, il est lucide le bougre. Par un clin d’œil il fait loger l’écrivain et sa famille dans un des appartements du second étage.
Spoiler : Je vous rassure Octave Mouret réussira formidablement bien son entreprise, a tel point qu’il fallut une suite à Pot Bouille : Au Bonheur des Dames -qui pour le coup est mon préféré- dans lequel Mouret, cet invétéré piétineur de femmes, trouvera l’absolution grâce à l’amour sincère de Denise.

